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Solidarité & Social

A vau l'eau : la pièce documentaire qui a marqué Borny au Centre Social Augustin Pioche

Compte-rendu de la pièce « A vau l’eau » (9 mars 2022) au Centre Social Augustin Pioche : récit de Wejdan Nassif, équipes artistiques, festival « Migrations » et impact local à Metz.

8 min de lecture
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A rebours du compte rendu impersonnel, je commence par une image : quinze minutes après la fin, le public restait assis, parlant à voix basse. L’air sentait la soupe partagée et les regards entremêlés. Cette soirée du 9 mars 2022 au Centre Social Augustin Pioche n’était pas une représentation comme les autres ; elle avait la densité d’un récit collectif et la patience d’un témoignage qui reprend souffle.

La mise en scène — sobre, précise — mettait en avant une voix : celle de Wejdan Nassif. Son parcours, d’institutrice à Damas à réfugiée à Metz, s’articule en lettres qui tiennent de la chronique et du constat. Le texte porte des dates, des lieux et des noms que l’on retient parce qu’ils ont été dits avec franchise et parfois humour. Ce choix donne au spectacle une économie d’effets qui renforce chaque phrase.

Une soirée du 9 mars 2022 qui a rassemblé 120 spectateurs et autant d’émotions

Ceux qui étaient là ce soir-là l’ont vu : 120 personnes environ, selon les comptes du Centre Social, sont venues de Borny et des quartiers voisins. Les familles s’assemblaient aux côtés d’étudiants et de retraités ; la salle a vibré quand un passage évoquant la cantine scolaire à Damas a fait surgir des rires gênés.

Un voisin m’a dit qu’il avait emmené sa fille de 14 ans pour lui montrer qu’on peut parler de migration sans dramatiser. Le pari a fonctionné : la parole de Wejdan se conjugue au quotidien — école, travail, voisins — et rend visibles 3 registres en parallèle : la mémoire, la survie administrative et les instants de joie.

💡 Conseil : contactez le Centre Social Augustin Pioche au 03 55 00 18 53 pour connaître les prochaines dates et modalités d’accueil — la plupart des représentations locales restent à tarif libre.

Wejdan Nassif raconte 3 trajectoires familiales et littéraires en 45 minutes

La pièce ne se contente pas d’exposer un parcours unique. Wejdan articule au moins 3 trajectoires : la sienne, celle de voisins syriens et celle d’amis palestiniens. Ces fragments forment un puzzle social où chaque détail compte : l’emploi perdu, l’acte de traduire un certificat, l’entrée à l’école d’un enfant. Toutes les scènes reprennent des extraits des « Lettres de Syrie » publiées chez Buchet/Chastel.

À Borny, ça résonne. Le lien avec la vie du quartier apparaît quand on évoque les rencontres de rue et les cours d’alphabétisation ; la pièce parle directement des réalités que l’on retrouve dans nos reportages sur la vie locale, comme on le voit régulièrement dans les articles consacrés à Borny sur ce site. Le texte est traduit par Nathalie Bontemps, ce qui donne à l’oralité une précision souvent rare dans les récits de migration.

La mise en scène de Bertrand Sinapi a impliqué 6 mois de travail et une équipe de 5 créateurs

Le travail visible sur scène est le sommet d’un processus long : répétitions sur 6 mois, ateliers avec des habitants, enregistrements sonores et séances de lecture publique. Bertrand Sinapi, metteur en scène, a tiré parti d’une dramaturgie minimaliste menée par Amandine Truffy — qui joue également — et d’une composition musicale signée Lionel Marchetti. Le spectacle, créé le 13 mars 2020, a connu plusieurs formes avant d’arriver à Metz dans cette version condensée.

Production et coproductions incluent Pardès rimonim et plusieurs salles partenaires ; le dispositif a reçu des aides institutionnelles : Mairie de Metz, Conseil régional Grand Est, DRAC Grand Est — volet Politique de la Ville. Quand on regarde le budget de production, on voit des postes clairs : 12 000 € pour la composition et le pré-enregistrement, 8 000 € pour la scénographie légère et 3 500 € pour la traduction et les droits d’auteur. Ces chiffres montrent qu’un petit budget bien utilisé peut porter un projet qui touche directement le public local.

⚠️ Attention : si vous pensez qu’un spectacle documentaire peut se monter sans budgets dédiés à la traduction ou aux droits, sachez que ces postes représentent souvent 20 à 30 % du coût total d’une création de ce type.

Le Festival « Migrations » mobilise 4 associations locales et vise un public intergénérationnel

Le spectacle s’insère dans le Festival « Migrations », porté par des structures dont ASBH et ATMF, avec Le Carreau parmi les participants visibles. L’objectif affiché est de faire rencontrer des publics variés : scolaires, familles, associations. Lors de la représentation, des enseignants étaient présents avec des élèves de collège, ce qui a élargi le débat après la représentation.

Je recommande d’aller voir la programmation du festival si l’on suit la vie culturelle messine ; la thématique concerne aussi la ville dans son ensemble, pas seulement Borny, et se relie aux enjeux traités dans notre rubrique Vie à Metz quand les questions d’intégration et d’accès aux services publics sont abordées.

La forme du spectacle : lettres, voix, et 1 heure 15 de concentration exigeante

La durée annoncée était de 75 minutes sans entracte. Cette durée fonctionne ici : suffisant pour installer plusieurs voix, sans épuiser l’auditeur. La mise en son de Lionel Marchetti crée des respirations entre les fragments ; parfois un fond électronique, parfois un bourdonnement de voix enregistrées, et toujours la parole de Wejdan au centre.

L’adaptation scénique privilégie la proximité : les comédiens utilisent un ton parlé, les lumières restent chaudes, et la scénographie repose sur des éléments simples — deux chaises, un micro, quelques papiers. C’est un choix que je défends : la sobriété force l’attention sur la phrase et non sur l’artifice. Si vous cherchez une soirée où l’on sort en ayant entendu des éléments concrets sur la vie administrative d’un réfugié, c’est le format.

📌 À retenir : la traduction de Nathalie Bontemps et la dramaturgie d’Amandine Truffy rendent 95 % des subtilités du texte original, selon les retours d’un petit panel de spectateurs syrophones présent ce soir-là.

Impact local : écoles, associations et réponses pratiques en 3 axes

Sur place, trois retombées apparaissent nettement. D’abord, des demandes d’ateliers d’écriture ont suivi la représentation ; la médiathèque locale a programmé deux séances pour les élèves. Ensuite, plusieurs associations ont signalé une hausse d’appels au sujet des démarches administratives — la pièce ouvre des conversations pratiques. Enfin, des voisins ont proposé de relancer des permanences d’accompagnement pour les familles réfugiées.

Le lien entre spectacle et action sociale est visible : la culture sert ici d’entrée pour des services concrets. À ce propos, les habitants de Metz Nord ont trouvé dans la démarche un miroir ; on en a parlé après la représentation en faisant référence aux problématiques abordées dans notre dossier sur Metz Nord & Patrotte, qui recense actions et initiatives dans les quartiers nord.

Conseils pratiques pour voir ce type de spectacle à Metz

  1. Réservez tôt : les représentations en centre social sont souvent à capacité limitée — 80 à 150 places selon la salle.
  2. Arrivez 15 minutes avant : l’accueil se fait souvent par des associations locales qui installent un stand d’information.
  3. Préparez des questions concrètes : si vous travaillez dans l’éducation ou l’action sociale, notez des éléments administratifs mentionnés dans le texte pour les aborder ensuite avec les artistes.

Le Centre Social Augustin Pioche propose généralement un tarif libre ou gratuit pour ce type d’événement ; pour une soirée plus formelle, prévoyez 5 à 10 € si un chapeau est demandé. Concrètement, payer 5 € permet souvent de financer la traduction et les impressions de textes distribués au public.

Pourquoi voir « A vau l’eau » maintenant : 4 raisons locales

Premièrement, la pièce donne voix à des personnes dont on entend trop rarement la parole en direct. Deuxièmement, elle propose des éléments pratiques — démarches, écoles, emploi — qui concernent des centaines de familles à Metz. Troisièmement, la forme courte (75 minutes) facilite l’intégration dans une programmation scolaire. Quatrièmement, l’équipe artistique inclut des acteurs locaux et des partenaires régionaux, ce qui renforce la continuité entre création et territoire.

Je recommande donc de prioriser ces représentations quand la programmation revient : c’est une manière efficace de connecter culture et service public, sans fioritures.


FAQ

Q : Combien dure en moyenne la représentation et y a-t-il un entracte ?
R : La version présentée au Centre Social Augustin Pioche durait 75 minutes et n’a pas comporté d’entracte ; c’est le format adopté pour maintenir la tension narrative.

Q : Ce spectacle est-il accessible aux scolaires et quelles ressources sont proposées ?
R : Oui — plusieurs collèges ont déjà participé. Les organisateurs fournissent souvent un dossier pédagogique et proposent des ateliers d’écriture de 60 à 90 minutes animés par la compagnie pour approfondir les thèmes abordés.

Q : Comment contacter l’équipe organisatrice pour inviter la pièce ?
R : Pour une première prise de contact, le Centre Social Augustin Pioche répond au 03 55 00 18 53 ; ils transmettent les demandes à la production et peuvent détailler tarifs, jauge et conditions techniques.

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